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Les victimes de traite des êtres humains suivies par les associations en France en 2015

Fil d'Ariane

Grand Angle n° 43
Les victimes de traite des êtres humains suivies par les associations en France en 2015
01 juin 2017

Dans le cadre du Plan d’action national contre la traite des êtres humains (2014-2016), la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) et l’ONDRP, en collaboration avec le Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains », ont créé un outil de mesure des victimes de traite des êtres humains suivies par les associations en France en 2015.

Le questionnaire a été envoyé à 59 associations identifiées comme pouvant potentiellement accueillir des victimes de traite des êtres humains. Sur les 33 associations ayant répondu à la sollicitation, 13 ont pu fournir des données pour l’année 2015. Bien que ces résultats ne soient pas représentatifs de l’ensemble des victimes de traite suivies par les associations, ils permettent d’apporter des éléments de profil sur ces victimes à la fois d’un point de vue global et aussi en fonction de leur origine géographique et des formes d’exploitation subies.

Les treize associations répondantes ont accompagné 1 826 victimes en 2015. Parmi elles, 1476 ont été victimes d’exploitation sexuelle, 185 de servitude domestique, 80 de travail forcé, 66 de contrainte à commettre des délits, et 13 de mendicité forcée. Il ne peut être exclu que la prépondérance de l’exploitation sexuelle sur les autres formes d’exploitation soit liée aux spécificités des associations ayant répondu à l’enquête.

L’analyse croisée de l’origine des victimes et de la forme d’exploitation subie permet de dessiner les grandes lignes du phénomène de la traite des êtres humains à destination de la France. Après le Nigéria, les victimes proviennent principalement d’Europe de l’Est et du Sud, d’Afrique du Nord et d'Afrique de l’Ouest. Pour les victimes originaires de ces zones géographiques, on constate que les formes d’exploitation subies sont variées.

L’analyse des résultats selon les types d’exploitation permet de mettre en lumière des profils de victimes particuliers. Plus de 9 victimes d’exploitation sexuelle sur 10 sont des femmes et 60 % sont originaires du Nigéria. La quasi-totalité des personnes victimes de servitude domestique sont des femmes, pour les deux tiers originaires d’un pays d’Afrique du Nord ou de l’Ouest (hors Nigéria), alors que le travail forcé est subi principalement par des hommes (74 %). Concernant la contrainte à commettre des délits, les victimes sont toutes mineures et dans leur quasi-totalité originaires de l’Europe de l’Est et du Sud.

Mots-clés : Violences aux personnes Autres (dont TEH)

Derrière cette publication

Amandine Sourd En savoir plus

Amandine Sourd

Fonction Chargée d’études
Discipline Criminologie