Voyage d'études de la session Sécurité et Justice en Bulgarie

Cette année, les auditeurs de la 28ème  session nationale  « Sécurité et Justice » ont effectué leur voyage d’études en Bulgarie, pays balkanique qui a rejoint l’Union européenne (UE) il y a 10 ans et qui prendra la présidence tournante du Conseil de l’UE en janvier 2018. L’exemple bulgare nous a permis de découvrir la réalité d’un pays de l’ancien bloc communiste, désormais membre de l’OTAN, qui doit relever des défis d’importance, notamment liés aux 800 km de frontières terrestres extérieures de l’UE qu’il a sous sa responsabilité.
Le déplacement a été organisé dans la capitale, Sofia, puis à Plovdiv, deuxième ville du pays et future capitale européenne de la culture en 2019, et enfin au poste frontière bulgaro-turc de Kapitan Andreevo.

Sofia
Les auditeurs ont été reçus par l’Ambassadeur de France en Bulgarie S.E.M. Eric LEBEDEL dès leur arrivée dans la capitale bulgare le dimanche 14 mai. Ils ont également été accueillis à Sofia par des personnalités parmi les plus hauts dirigeants du pays :

  • le ministre de l’Intérieur, Valentin RADEV,  à l’Académie du ministère, lundi 15 mai, pour une « présentation générale des enjeux sécuritaires »  ;
  • le président de la Cour suprême de cassation, Lozan PANOV, à l’Institut français mardi 16 mai , pour un «  point sur la réforme du système judiciaire Bulgare » ;
  • M. Sotir TSATSAROV, procureur général de Bulgarie, mercredi 17 mai sur une « Présentation des réponses judiciaires aux enjeux de sécurité (politique pénale, coopération internationale, etc.) »
  • M. Tsvetan TSVETANOV, président du groupe parlementaire du GERB à l’Assemblée nationale, ancien premier vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, mercredi 17 mai pour une  « Présentation des évolutions récentes de la législation bulgare face aux nouveaux défis »
  • la vice premier–ministre et ministre des Affaires Etrangères, Ekaterina ZAKHARIEVA, à l’Université de Sofia et  le président de l’assemblée nationale, Dimitar GLAVCHEV, au sein du Parlement, mercredi 17 mai.
  • La vice-présidente de la République bulgare, Iliana IOTOVA, a quant à elle fait l’honneur de sa présence aux auditeurs lors du dîner officiel tenu à l’Hôtel Balkan.

A Sofia, les auditeurs ont pu échanger avec de hauts responsables bulgares des ministères de la Justice et de l’Intérieur mais aussi partager les analyses de chercheurs du centre d’études de la démocratie bulgare (CSD) et de l’INHESJ.
En matière de sécurité, les multiples enjeux frontaliers ont été développés, la Bulgarie se révélant essentiellement un pays de transit tant en matière de terrorisme que de criminalité organisée comme l’a précisé en introduction lundi 15 mai le secrétaire général du ministère de l’intérieur, Mladen MARINOV. Néanmoins, le pays est en proie à des menaces internes liées au terrorisme ou à la criminalité organisée, problématiques que les auditeurs ont examinées mardi 16 mai. Ivaylo DINKOV, adjoint au chef du centre national de contre-terrorisme bulgare, a par exemple rappelé aux auditeurs l’attentat de Bourgas en 2012, qui a fait plusieurs morts parmi des touristes israéliens. Cet évènement a conduit à renforcer la sécurité côtière pour favoriser le tourisme, mais aussi à fusionner les différentes agences de renseignement en une seule entité. Tihomir BEZLOV, chercheur au CSD, a quant à lui détaillé les différents types de criminalité transnationale auxquels la Bulgarie doit faire face. Il s’agit essentiellement des trafics d’héroïne et de cocaïne, gérés conjointement par les gangs albanais, turcs et sud-américains avec des relais locaux, mais aussi du trafic d’êtres humains. Pour faire face à ces risques multiformes, la Bulgarie a porté son budget de la sécurité à 7 % du PIB.
Pour la justice, les auditeurs ont bénéficié d’une présentation détaillée du système judiciaire bulgare, notamment par l’ancien directeur de l’ENM bulgare, Dragomir YORDANOV. Ce dernier a mis en avant plusieurs réformes lancées depuis l’adoption de la 4ème Constitution de 1991. Un programme national de lutte contre la corruption est ainsi en cours sur la période 2016-2020 : il a par exemple permis la condamnation définitive de l’ancienne présidente du tribunal de Sofia. Les ressources humaines consacrées à la justice ont été développées : il y a par exemple 20 procureurs pour 100 000 habitants. Néanmoins, ces avancées nécessitent un approfondissement réel et rapide pour rejoindre les standards souhaités par la Commission européenne, comme en conviennent les différents intervenants qui se sont succédé sur cette thématique mardi 16 et mercredi 17 mai.

Plovdiv et Kapitan Andreevo
Les auditeurs ont poursuivi le voyage d’études mercredi 17 mai en rejoignant Plovdiv. Le maire de la ville, Ivan TOTEV, les a accueillis jeudi 18 mai , pour une  « Présentation du développement de sa ville ».
Son adjoint, Stefan STOYANOV, a élargi la présentation du maire sur « la stratégie locale et régionale de développement de la ville, sécuritaire mais aussi économique et sociale, en lien avec les fonds structurels européens ».
La matinée du jeudi 18 mai a constitué un temps fort du voyage, grâce à la visite au poste-frontière de Kapitan Andreevo. A cette occasion, les auditeurs ont notamment pu découvrir la « frontière verte » et un dispositif régional de surveillance frontalière qui a permis de limiter la pression migratoire. Comme l’a souligné Emil GOCHEV, chef du poste-frontière, le renforcement des procédures, des outils technologiques et de la coopération policière et douanière transeuropéenne au poste frontière ont porté leurs fruits. La consolidation d’une frontière terrestre bulgaro-turque avec plus de 200 km de clôture et de dispositifs de surveillance (caméras, patrouilles européennes, militaires bulgares réquisitionnés…) a été présentée aux auditeurs via un aperçu in situ de cette frontière « verte ».
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