Clôture des sessions nationales : les auditeurs restituent leurs travaux

Les sessions nationales de l'INHESJ prennent fin la semaine du 10 juin, avec notamment la présentation par les auditeurs de leurs rapports collectifs (ou GDS pour « groupes de diagnostic et de stratégie »). Ils ont une nouvelle fois traité de sujets particulièrement en prise avec l’actualité : gestion de la sortie de prison des condamnés pour terrorisme, reconnaissance faciale, investissements étrangers dans le patrimoine culturel ou encore prise en compte de la rumeur dans la communication de crise.

30e session nationale « Sécurité et Justice »

« Enfants pickpockets du métro, mineurs en errance dans les grandes métropoles, exploitation de la mendicité : entre enfance en danger et délinquance, quelle prise en charge pour les pouvoirs publics ? »

À travers de nombreuses rencontres avec les acteurs institutionnels et associatifs en charge des mineurs en errance, les auditeurs ont tenté d’apporter de nouvelles réponses pour une prise en charge plus utile et plus humaine de ces enfants à la fois auteurs et victimes d’infractions.

« Le secret de l’enquête et le principe de la présomption d’innocence peuvent-ils encore être garantis dans notre société hyper-médiatisée ? »

Dans un monde hyper-connecté où à chaque instant la rumeur est susceptible de prendre le pas sur la vérité et où la liberté d’information est érigée en dogme, les travaux de ce groupe s’attachent à démontrer que la préservation du secret de l’enquête et de l’instruction constitue un objectif essentiel pour garantir la présomption d’innocence et les droits de la défense.

« Comment améliorer la prise en charge des délinquants sexuels ? »

Le rapport s’interroge sur la prise en charge des personnes condamnées pour agressions à caractère sexuel. Sur la base d’entretiens menés auprès des acteurs de terrains, de professionnels de santé, d’acteurs institutionnels et de certains auteurs suivis par la justice, il présente un état des lieux critique des politiques mises en œuvre tant en milieu ouvert qu’en milieu fermé.

« Le contrôle des frontières en Europe, diversité des enjeux et place de la technologie. »

Le rapport revient sur les enjeux du contrôle des frontières extérieures de l’Europe dans un contexte de crise migratoire et de divergences politiques entre les États membres. L’apport des nouvelles technologies dans la lutte contre l’immigration irrégulière soulève de nombreuses questions auxquelles le groupe a tenté de répondre avec pragmatisme.

« Comment évaluer la récidive en France pour la mise en œuvre d’une politique publique efficace ? »

La récidive constitue une notion juridique et humaine qui se caractérise par la complexité de son appréhension. Les auditeurs se sont interrogés sur cette complexité qui explique largement la grande difficulté à pouvoir évaluer la récidive en tant que phénomène, mais aussi à organiser efficacement sa prise en charge par les pouvoirs publics.

« Comment gérer la sortie de prison des condamnés pour terrorisme ? »

Près de 1 500 condamnés pour des faits de terrorisme islamiste ou radicalisés sont amenés à sortir de prison dans les années à venir. Ce GDS aborde le traitement de cette menace sous l’angle d’une coordination renforcée entre les ministères de l’Intérieur et de la Justice, et par extension d’une politique publique réaffirmant fortement les valeurs républicaines.

« Incivilités et actes de délinquance dans les transports en commun, quelles réponses pour les pouvoirs publics ? »

Après avoir dressé une typologie de la délinquance dans les transports en commun d’Île-de-France, les auditeurs présentent dans leur rapport les atouts des nouvelles technologies qui devraient redonner de la souplesse et des marges de manœuvre aux différents services pour redéployer de l’humain au contact de l’usager.

« La reconnaissance faciale entre exigence de contrôle et respect de la vie privée. »

À l'heure où certains États semblent déployer des dispositifs de reconnaissance faciale de manière intensive dans l'espace public et où cette technologie semble avoir sédui certains de nos compatriotes pour des usages personnels, le travail du groupe a cherché à savoir dans quelle mesure cette technologie est à même de s’intégrer dans le dispositif de sécurité de notre pays.

« La prévention de la délinquance dans la mise en œuvre de la police de sécurité du quotidien ? »

Les rapports entre la police et la population est le fil conducteur des travaux de ce travail sur la mise en œuvre de la police de sécurité du quotidien (PSQ). Les travaux se sont ainsi intéressés à la fois à la communication et à la remontée du renseignement, mais aussi aux problématiques d’évaluation des politiques de prévention du point de vue des citoyens.

« Fichiers de police et fichiers judiciaires, quelles modalités de gestion pour préserver l’efficacité opérationnelle dans le respect des intérêts privés des justiciables ? »

Le groupe a tenté de démontrer que, concernant l’usage des fichiers, qu’ils soient policiers ou judiciaires, efficacité et respect des libertés individuelles ne devaient pas nécessairement être opposés. Face à un paysage complexe, voire désordonné, le GDS a formulé des propositions pour rationaliser, optimiser cette mosaïque de fichiers, la rendre plus lisible et en améliorer l'administration.


22e session nationale « Protection des entreprises et Intelligence économique »

« Le développement d’une nouvelle forme de criminalité au sein des filières alimentaires : enjeux et perspectives pour les intérêts économiques français »

La criminalité organisée est en constante évolution. Au début de l’année 2013, le scandale de la viande de cheval a montré au grand public que des fraudes à grande échelle pouvaient fragiliser les entreprises agroalimentaires et affaiblir la confiance des consommateurs dans leur alimentation comme dans les dispositifs de contrôle. Les auditeurs ont incarné un think tank spécialisé dans le domaine de l’agroalimentaire et ont proposé au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, ainsi qu’aux différents acteurs de la filière, une étude répondant aux enjeux soulevés par cette nouvelle forme de criminalité.

« Les investissements étrangers dans le patrimoine culturel national : risque ou opportunité pour les intérêts français ? »

Générateur de richesses et d’emplois mais également de puissance et d’influence, notre patrimoine culturel constitue un levier majeur pour le développement économique et le rayonnement de la France. Il a été demandé au groupe de se placer en tant que think tank français spécialisé dans la gestion de patrimoine culturel et de proposer au ministère de la Culture et aux différents services de l’État en charge des problématiques d’intelligence et de sécurité économiques une étude sur l’évolution des investissements étrangers dans le patrimoine culturel français

« Matériaux stratégiques et critiques, de la mine à la transformation des métaux : quelle stratégie pour les intérêts français ? »

Utilisés au profit des secteurs de l’armement, de l’aéronautique, du spatial, des télécommunications, de l’énergie, des systèmes interconnectés intelligents, les matériaux stratégiques et critiques soulèvent des enjeux de sécurité économique majeurs pour les intérêts français. En tant que membres d’un think tank français spécialisé dans la gestion de ces matières premières, les auditeurs ont eu à proposer au ministère de la Transition écologique et solidaire une étude sur l’évolution de la dépendance de la France vis-à-vis de ces matériaux stratégiques et critiques.

« Quel modèle de souveraineté et de sécurité alimentaire pour la France dans la perspective des débats relatifs à la nouvelle PAC 2021-2027 ? »

Premier exportateur au monde de blé, la France fait face à des courants contradictoires : perpétuer le modèle productiviste engagé depuis la création de la PAC en 1962 en favorisant le recours à l’agrochimie et à la bio-industrie, ou bien envisager des modes de productions alternatifs et qualitatifs relevant le défi d’une nouvelle transition écologique et du maintien d’une agriculture paysanne. Il a été proposé aux auditeurs d’évaluer les forces et les faiblesses des acteurs économiques français du secteur agricole et de l’agroalimentaire.


6e session nationale « Management stratégique de la crise »

« Enjeux de la prise en compte de la rumeur dans la communication de crise »

La rumeur peut être génératrice ou amplificatrice de situations sensibles. Cette étude portait sur les réflexes à mettre en place dans ce type de situation et les rouages de la communication de crise.

« Comment penser l’impensable : anticipation, créativité et adaptation en situation de crise hors-norme »

Avec l’augmentation des températures sur le globe, les climatologues s’accordent à dire que tempêtes, cyclones et typhons pourraient, à l’avenir, être de plus en plus intenses. Cette étude visait à formuler des propositions d’adaptation du dispositif national de préparation aux crises majeures.

« L’inter-opérabilité des parties prenantes est le fondement de l’efficacité en gestion de crise. Faut-il la renforcer, l’améliorer, avec quels moyens ? »

Lors de gestions de crise, la coordination des parties prenantes et leur aptitude à opérer en synergie dans l’exécution des tâches qui leur sont assignées peut représenter une source de difficulté, voire une faiblesse. Ce groupe a tenté de répondre aux questions suivantes : l’interopérabilité des parties prenantes en gestion de crise est-elle suffisante ? Faut-il la renforcer, l’améliorer et si oui avec quels moyens ?

 

Le contenu de ces travaux appartient aux seuls auditeurs qui les ont rédigés et présentés.