700 ans de la fonction d’officier de sécurité : l’INHESJ réunit la profession

A l’heure où la relation de confiance entre les citoyens et l’État passe par la transparence, la question du secret reste plus que jamais d’actualité. Le respect des normes de protection du secret au sein des organisations revient aux officiers de sécurité qui ont un rôle indispensable pour la sauvegarde des intérêts de leur organisation, mais également pour les intérêts fondamentaux de la Nation.

Le secret constitue une cible majeure des services étrangers ou des groupes qui ont pour objectif de déstabiliser l’État. Il est donc essentiel de faire appliquer des règles communes à chaque organisation pour garantir une sécurité globale optimale. Les règles de protection de l’information doivent être appliquées dans les organisations, sous peine d’engager leur responsabilité pénale. Compromettre un secret est ainsi passible de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende.

En France, ce sont plus de 4 000 officiers de sécurité qui veillent à la bonne application de la protection du secret. Ils sont répartis dans les organisations privées ou publiques qui traitent ou détiennent des informations et des supports classifiés. Il peut s’agir de documents liés à la diplomatie, à la lutte contre le terrorisme, mais aussi à des domaines scientifiques ou économiques ainsi que tout document susceptible d’être utilisé par des services désireux de déstabiliser l’État ou de nuire aux intérêts vitaux de la Nation.

« Chambellan qui portera le scel de nostre secret »

Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) est à l’origine de l’instruction générale interministérielle n° 1300 sur la protection du secret de la défense nationale, qui définit l’ensemble des missions des officiers de sécurité. Ils doivent notamment gérer les habilitations, sensibiliser les personnels concernés et contrôler les accès aux zones protégées. Les officiers de sécurité sont également les correspondants des services enquêteurs et des services du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) du ministère auquel ils sont rattachés.

En 1318, l’ordonnance de Bourges consacrait le rôle du chambellan, ancêtre de l’officier de sécurité, dans la préservation du secret. A l’occasion des 700 ans de la naissance de la profession, l’INHESJ a organisé un séminaire, en partenariat avec le Club des officiers de sécurité et le soutien du SGDSN, le lundi 19 novembre à l’École militaire. Alors même que leur charge au service de la sécurité d’une organisation favorise l’isolement, ce colloque, réunissant une centaine d’officiers de sécurité, s’est voulu être un lieu de savoir mais également de rencontres.

142 officiers de sécurité formés à l’INHESJ en 2018

Le colloque a été pensé comme un complément à la formation mise en place par l’INHESJ avec le SGDSN en janvier 2018. En effet, l’INHESJ forme des officiers de sécurité en leur apportant des éclairages pour la pleine maîtrise des règles de l’instruction générale interministérielle n° 1300 sur la protection du secret de la défense nationale. Avec trois sessions dispensées en 2018, l’Institut a déjà formé 142 officiers de sécurité. Les prochaines formations se dérouleront du 30 janvier au 1er février, du 18 au 20 juin et du 27 au 29 novembre 2019.
Des modules de formation complémentaires spécifiques à des logiques « métiers » ont également été pensés en partenariat avec le ministère de la Transition écologique et solidaire. Le premier a eu lieu le 26 novembre et répondait aux attentes du secteur du nucléaire civil.