Terrorisme et radicalisation

Terrorisme et radicalisation

Le Département Études et Recherches de l’INHESJ comporte un axe de recherche consacré à la sociologie politique et religieuse de l’islam, plus spécifiquement sur les questions de normes et d’autorité́ dans l’islam contemporain. Les travaux se sont réorientés plus récemment sur le djihadisme, les engagements violents et les processus de sortie de la violence.


Projet VIORAMIL - Violences et radicalités militantes en France

Le projet ANR « Violences et radicalités militantes en France »  (Vioramil) est mené en partenariat avec le Centre de Recherche Universitaire Lorrain d’Histoire, (CRULH – Universitaire de Lorraine), le Centre de Recherche Sociologique sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP – Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), le Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP – Université Paris 1), et le Centre de Recherche sur les Médiations (CREM – Universitaire de Lorraine). Il s’attache aux manifestations diverses de la violence militante (idéologique, indépendantiste, religieuse…) sous plusieurs formes et à différents niveaux (des débordements lors de manifestations à la planification d’attaques terroristes) et mobilise des universitaires en sciences sociales en liaison avec les pouvoirs publics. À travers une analyse pluridisciplinaire innovante, ce programme de recherche entend éclairer par une démarche mixte, quantitative et qualitative, les violences issues de radicalisations militantes commises en France des années 1980 à nos jours. Considérant les attentats islamistes ayant frappé la France en janvier 2015 et les mesures gouvernementales qui ont été prises en réaction, ce projet portera une attention plus soutenue à cette forme extrême de radicalité militante violente qu’est le djihadisme en analysant d’une part les modalités de l’endoctrinement radical, de la mobilisation clandestine et du basculement dans la violence, d’autre part les politiques de déradicalisation, et ce à la lumière d’expériences menées dans d’autres pays, à d’autres époques, et sur d’autres formes de radicalités militantes.

Projet Engagements violents  -  Saisir les mécanismes de la radicalisation violente : pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents

Cette recherche est menée en partenariat avec le Centre de Recherche Sociologique sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP – Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) et le ministère de la Justice.  Les études sur le terrorisme s’intéressaient classiquement aux causes et manifestations de ce phénomène. Elles ne témoignent que d’un faible intérêt pour la radicalisation qui s’affirme dans un contexte de mutations des formes de violences extrêmes interrogeant davantage le processus qui mène à la violence et la subjectivité des acteurs impliqués. Dans ce sillage, le présent projet s’intéresse aux processus biographiques de radicalisation violente à partir d’entretiens approfondis avec des détenus condamnés pour des violences types nationalistes/régionalistes (basques, corses) et djihadistes. Il s’agit de repérer les cadres de socialisation les plus pertinents, les influences cognitives, l’effet des cadres d’injustice ressentis par les acteurs militants, la force d’encadrement des organisations, les ruptures biographiques productrices de remise en question, la présence – ou pas – de personnes ressources à l’origine de la radicalisation, le rapport intime de chacun à la violence, l’acculturation à la violence via des pratiques sportives ou ludiques particulières, etc. L’ambition théorique est de constater l’existence – ou non – d’un modèle type de processus de radicalisation qui reposerait sur certaines variables présentes lors des différents parcours de vie.

Projet Prévenir l’islam radical  -  L’élaboration d’un nouveau paradigme sécuritaire

L’État français a traditionnellement privilégié une approche répressive dans sa lutte contre le terrorisme. Or, dans un contexte marqué par l’affaire Mérah, la crise des filières syriennes et les attentats de janvier 2015, la « radicalisation » a peu à peu été érigée en problème public, tandis qu’un faisceau d’actions était nouvellement expérimenté sur les terrains de la prévention et de la déradicalisation. Ce projet de recherche propose de prendre la mesure de cet infléchissement stratégique en examinant l’élaboration, le fonctionnement et les incidences des initiatives françaises en matière de prévention et de déradicalisation.